Taux de crédit : la hausse vient cette fois de la dette de l'État

David Regnery
Conseiller immobilier — Saint-Égrève

Le 21 octobre, le taux auquel l'État français emprunte à dix ans a dépassé 5 %. Il n'avait plus atteint ce niveau depuis 2002. Le lendemain il montait à 5,14 %, et il oscille depuis entre 4,90 % et 5,09 %.

Ce chiffre paraît lointain quand on cherche un appartement. Il ne l'est pas. Les banques se financent elles aussi à long terme, et quand l'argent long coûte plus cher, les barèmes de crédit suivent. Avec un décalage de quelques semaines, et jamais point pour point.

Ce que les banques affichent au 1er novembre

Les barèmes relevés par les courtiers début novembre situent le crédit sur vingt ans entre 3,73 % et 3,87 %, et sur vingt-cinq ans entre 3,75 % et 4,01 %. Sur quinze ans, on est entre 3,61 % et 3,80 %.

La hausse d'un mois sur l'autre va jusqu'à 0,28 point chez certains établissements. C'est beaucoup pour un seul mois.

Ces chiffres sont des barèmes affichés. Les prêts réellement signés ressortent plus bas : l'observatoire Crédit Logement CSA donne 3,40 % en moyenne sur les prêts de septembre, après 3,31 % en août. L'écart tient aux négociations et aux profils retenus. Les deux séries ne se comparent pas directement, mais elles vont dans le même sens.

Ce que ça retire à une capacité d'emprunt

Un exemple parlant, sur vingt-cinq ans. Un ménage qui gagne 3 000 euros par mois et consacre 1 000 euros à son remboursement empruntait environ 197 600 euros à 3,60 %. À 3,90 %, il n'emprunte plus que 191 400 euros. Six mille deux cents euros de pouvoir d'achat immobilier en moins, pour trois dixièmes de point.

Au-delà de 5 000 euros de revenus, la perte dépasse les 10 000 euros.

Et après

La Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs le 29 octobre. Sa prochaine réunion est fixée au 17 décembre. Le scénario le plus souvent retenu pour 2027 est une poursuite de la hausse en début d'année puis une stabilisation à un niveau élevé. Une baisse nette avant le second semestre 2027 paraît peu probable.

Moins d'acheteurs, des valeurs qui tiennent : c'est le prix du premier jour qui décide de tout.

Ce que je vois sur le terrain à Saint-Égrève

C'est le point qui compte pour un projet ici. Depuis quatre ans, la hausse des taux a fait reculer le nombre de ventes, pas les prix.

À Saint-Égrève, le volume annuel est passé de 260 ventes en 2021 à 186 en 2025. Pendant ce temps, le prix moyen au mètre carré des appartements vendus montait de 2 495 à 2 773 euros. Sur le premier semestre 2026, 84 ventes ont été enregistrées, dont 59 appartements. La tendance ne s'inverse pas, mais les valeurs tiennent.

Autrement dit : il y a moins d'acheteurs en face, et ceux qui restent ne font pas baisser les prix. Ils sélectionnent.

Pour un vendeur, cela veut dire qu'un prix juste dès le premier jour n'a jamais autant compté. Un bien qui s'installe six mois sur le marché finit par se négocier plus durement qu'un bien correctement positionné dès le départ.

Pour un acheteur, cela veut dire que l'attente coûte cher. Chaque dixième de point pris sur les taux retire quelques milliers d'euros de capacité d'emprunt, et rien n'indique que les prix reculent pour compenser.

Sources : marchés obligataires au 22 octobre 2026, barèmes des courtiers au 1er novembre 2026, observatoire Crédit Logement CSA, demandes de valeurs foncières de la DGFiP.

David Regnery
Conseiller immobilier — Saint-Égrève

Taux de crédit : la hausse vient cette fois de la dette de l'État

David Regnery
Conseiller immobilier — Saint-Égrève

Le 21 octobre, le taux auquel l'État français emprunte à dix ans a dépassé 5 %. Il n'avait plus atteint ce niveau depuis 2002. Le lendemain il montait à 5,14 %, et il oscille depuis entre 4,90 % et 5,09 %.

Ce chiffre paraît lointain quand on cherche un appartement. Il ne l'est pas. Les banques se financent elles aussi à long terme, et quand l'argent long coûte plus cher, les barèmes de crédit suivent. Avec un décalage de quelques semaines, et jamais point pour point.

Ce que les banques affichent au 1er novembre

Les barèmes relevés par les courtiers début novembre situent le crédit sur vingt ans entre 3,73 % et 3,87 %, et sur vingt-cinq ans entre 3,75 % et 4,01 %. Sur quinze ans, on est entre 3,61 % et 3,80 %.

La hausse d'un mois sur l'autre va jusqu'à 0,28 point chez certains établissements. C'est beaucoup pour un seul mois.

Ces chiffres sont des barèmes affichés. Les prêts réellement signés ressortent plus bas : l'observatoire Crédit Logement CSA donne 3,40 % en moyenne sur les prêts de septembre, après 3,31 % en août. L'écart tient aux négociations et aux profils retenus. Les deux séries ne se comparent pas directement, mais elles vont dans le même sens.

Ce que ça retire à une capacité d'emprunt

Un exemple parlant, sur vingt-cinq ans. Un ménage qui gagne 3 000 euros par mois et consacre 1 000 euros à son remboursement empruntait environ 197 600 euros à 3,60 %. À 3,90 %, il n'emprunte plus que 191 400 euros. Six mille deux cents euros de pouvoir d'achat immobilier en moins, pour trois dixièmes de point.

Au-delà de 5 000 euros de revenus, la perte dépasse les 10 000 euros.

Et après

La Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs le 29 octobre. Sa prochaine réunion est fixée au 17 décembre. Le scénario le plus souvent retenu pour 2027 est une poursuite de la hausse en début d'année puis une stabilisation à un niveau élevé. Une baisse nette avant le second semestre 2027 paraît peu probable.

Quote Mark
Moins d'acheteurs, des valeurs qui tiennent : c'est le prix du premier jour qui décide de tout.

Ce que je vois sur le terrain à Saint-Égrève

C'est le point qui compte pour un projet ici. Depuis quatre ans, la hausse des taux a fait reculer le nombre de ventes, pas les prix.

À Saint-Égrève, le volume annuel est passé de 260 ventes en 2021 à 186 en 2025. Pendant ce temps, le prix moyen au mètre carré des appartements vendus montait de 2 495 à 2 773 euros. Sur le premier semestre 2026, 84 ventes ont été enregistrées, dont 59 appartements. La tendance ne s'inverse pas, mais les valeurs tiennent.

Autrement dit : il y a moins d'acheteurs en face, et ceux qui restent ne font pas baisser les prix. Ils sélectionnent.

Pour un vendeur, cela veut dire qu'un prix juste dès le premier jour n'a jamais autant compté. Un bien qui s'installe six mois sur le marché finit par se négocier plus durement qu'un bien correctement positionné dès le départ.

Pour un acheteur, cela veut dire que l'attente coûte cher. Chaque dixième de point pris sur les taux retire quelques milliers d'euros de capacité d'emprunt, et rien n'indique que les prix reculent pour compenser.

Sources : marchés obligataires au 22 octobre 2026, barèmes des courtiers au 1er novembre 2026, observatoire Crédit Logement CSA, demandes de valeurs foncières de la DGFiP.

Want to receive emails?

Sign up to get an email every time a new blog is published. Only happens once a month!

Taux de crédit : la hausse vient cette fois de la dette de l'État

David Regnery
Conseiller immobilier — Saint-Égrève

Le 21 octobre, le taux auquel l'État français emprunte à dix ans a dépassé 5 %. Il n'avait plus atteint ce niveau depuis 2002. Le lendemain il montait à 5,14 %, et il oscille depuis entre 4,90 % et 5,09 %.

Ce chiffre paraît lointain quand on cherche un appartement. Il ne l'est pas. Les banques se financent elles aussi à long terme, et quand l'argent long coûte plus cher, les barèmes de crédit suivent. Avec un décalage de quelques semaines, et jamais point pour point.

Ce que les banques affichent au 1er novembre

Les barèmes relevés par les courtiers début novembre situent le crédit sur vingt ans entre 3,73 % et 3,87 %, et sur vingt-cinq ans entre 3,75 % et 4,01 %. Sur quinze ans, on est entre 3,61 % et 3,80 %.

La hausse d'un mois sur l'autre va jusqu'à 0,28 point chez certains établissements. C'est beaucoup pour un seul mois.

Ces chiffres sont des barèmes affichés. Les prêts réellement signés ressortent plus bas : l'observatoire Crédit Logement CSA donne 3,40 % en moyenne sur les prêts de septembre, après 3,31 % en août. L'écart tient aux négociations et aux profils retenus. Les deux séries ne se comparent pas directement, mais elles vont dans le même sens.

Ce que ça retire à une capacité d'emprunt

Un exemple parlant, sur vingt-cinq ans. Un ménage qui gagne 3 000 euros par mois et consacre 1 000 euros à son remboursement empruntait environ 197 600 euros à 3,60 %. À 3,90 %, il n'emprunte plus que 191 400 euros. Six mille deux cents euros de pouvoir d'achat immobilier en moins, pour trois dixièmes de point.

Au-delà de 5 000 euros de revenus, la perte dépasse les 10 000 euros.

Et après

La Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs le 29 octobre. Sa prochaine réunion est fixée au 17 décembre. Le scénario le plus souvent retenu pour 2027 est une poursuite de la hausse en début d'année puis une stabilisation à un niveau élevé. Une baisse nette avant le second semestre 2027 paraît peu probable.

Quote Mark
Moins d'acheteurs, des valeurs qui tiennent : c'est le prix du premier jour qui décide de tout.

Ce que je vois sur le terrain à Saint-Égrève

C'est le point qui compte pour un projet ici. Depuis quatre ans, la hausse des taux a fait reculer le nombre de ventes, pas les prix.

À Saint-Égrève, le volume annuel est passé de 260 ventes en 2021 à 186 en 2025. Pendant ce temps, le prix moyen au mètre carré des appartements vendus montait de 2 495 à 2 773 euros. Sur le premier semestre 2026, 84 ventes ont été enregistrées, dont 59 appartements. La tendance ne s'inverse pas, mais les valeurs tiennent.

Autrement dit : il y a moins d'acheteurs en face, et ceux qui restent ne font pas baisser les prix. Ils sélectionnent.

Pour un vendeur, cela veut dire qu'un prix juste dès le premier jour n'a jamais autant compté. Un bien qui s'installe six mois sur le marché finit par se négocier plus durement qu'un bien correctement positionné dès le départ.

Pour un acheteur, cela veut dire que l'attente coûte cher. Chaque dixième de point pris sur les taux retire quelques milliers d'euros de capacité d'emprunt, et rien n'indique que les prix reculent pour compenser.

Sources : marchés obligataires au 22 octobre 2026, barèmes des courtiers au 1er novembre 2026, observatoire Crédit Logement CSA, demandes de valeurs foncières de la DGFiP.

David Regnery
Conseiller immobilier — Saint-Égrève
Get in touch
× Obtenez une pré-estimation en 2 minutes, gratuitement.